Stockage Hydrogène: Siemens et Intermountain s’Associent

par | 5 Mar 2021 | Énergie Hydrogène, Stockage Énergétique, Stratégie entreprise

Le stockage d’hydrogène dans une centrale à cycle combiné, c’est le pari de Siemens Energy et Intermountain Power. Les deux entreprises s’associent en ce sens pour étudier la conception d’un tel procédé. Il fait suite à une première collaboration de Siemens avec Duke Energy et l’Université de Clemson sur les technologies hydrogène. Le projet a déjà reçu une subvention de 200.000 USD$ du Département américain de l’énergie.


 

Le stockage d’hydrogène au cœur d’une centrale de 840 MW

Développer la production d’hydrogène et le stockage

Le stockage d’hydrogène fait l’objet du nouveau partenariat entre Siemens Energy vient et Intermountain Power. En parallèle du développement de la production électrique à base d’hydrogène, les deux entreprises vont en effet travailler sur l’intégration d’un système de stockage de l’hydrogène dans une centrale électrique déjà construite avec un réseau de transport existant. Cela inclut l’interaction avec les sous-systèmes, le dimensionnement des composants et les coûts d’adaptation.

Une étude sera menée sur la centrale d’Intermountain située à Delta dans l’Utah, fournissant 840 MW d’électricité à l’État. Les deux partenaires veulent ainsi mesurer l’efficacité et la fiabilité d’une alimentation électrique sans CO2 à grande échelle.

Une centrale 100% hydrogène d’ici 2045

Conçue initialement pour produire de l’électricité à partir de charbon, la centrale électrique d’Intermountain a d’abord dû être adaptée pour recevoir du gaz naturel. L’objectif de Siemens Energy et d’Intermountain Power est maintenant d’introduire 30% d’hydrogène au carburant de la centrale d’ici 2025.

Selon Dan Eldredge, directeur d’Intermountain Power Agency :

En passant du charbon à un mélange de gaz naturel et d’hydrogène, nous pouvons déjà réduire les émissions de carbone de plus de 75%.

Les deux partenaires ne prévoit pas de s’arrêter là. Ils ambitionnent en effet de faire fonctionner la centrale avec 100% d’hydrogène d’ici 2045.

 

Utiliser les atouts de la centrale

Recours à la technologie Silyzer de Siemens

Le projet prévoit également l’utilisation de la technologie Silyzer de Siemens Energy pour la production d’hydrogène. Basée sur l’électrolyse de l’eau, elle permet de séparer les molécules d’hydrogène et d’oxygène contenues dans l’eau grâce à un courant électrique. En utilisant les surplus de production des EnR pour l’électricité nécessaire, la technologie Silyzer permet ainsi d’obtenir de l’hydrogène décarboné et locale.

Une production à cycle combiné pour accroître l’efficacité de l’installation

La centrale Intermoutain combine deux cycles de production d’électricité afin d’accroître son efficacité énergétique. Une turbine est d’abord actionnée par la combustion du gaz naturel afin de produit de l’énergie. Puis les fumées chaudes de la combustion génèrent de la vapeur au moyen d’échangeurs de chaleur, laquelle entraîne une seconde turbine.

 

L’hydrogène, nouveau fer de lance de Siemens Energy

200.000 USD$ de subventions américaines

Siemens Energy, dont la part mondiale est déjà pour moitié décarbonée, marque encore sa volonté de faire de l’hydrogène une EnR de premier plan. La ressource devrait permettre de stocker de plus grandes quantités d’énergie que les batteries lithium-ion, et pour des durées plus longues.

Selon Tim Holt, CEO de Siemens Power Generation :

Les résultats profiteront aux clients, feront progresser les connaissances sur l’utilisation de l’hydrogène dans le secteur de l’électricité aux États-Unis et, en fin de compte, nous rapprocheront de la décarbonisation de la production d’électricité.

Le projet a déjà reçu une subvention de 200.000 USD$. C’est l’un des quatre projets de Siemens financés par le Département américain de l’énergie pour soutenir la décarbonisation du secteur énergétique du pays.

Le projet H2-Orange

Siemens Energy collabore déjà depuis le mois de décembre avec Duke Energy et l’Université de Clemson sur les technologies hydrogène. Le projet pilote, baptisé H2-Orange porte là encore sur le stockage et la réutilisation de l’hydrogène pour produire de l’électricité. Il utilise également la technologie Silyzer de Siemens.

L’Université Clemson intégrera l’hydrogène dans le réseau du campus et veillera à ce que les besoins énergétiques soient satisfaits. Duke Energy sera chargé de fournir une expertise opérationnelle, d’ingénierie et de modélisation du réseau.