Réseau Électrique Africain: l’Europe finance €300 Millions

par | 28 Avr 2021 | Diplomatie Énergétique

Le réseau électrique Africain bénéficie de nouveaux investissements venus d’Europe à hauteur de 300 millions d’euros. L’objectif étant de construire une nouvelle ligne électrique de 225 km entre la Guinée et le Mali approvisionnant des millions de personnes.


 

Réseau électrique Africain : 340 km de liaison à l’Ouest

Le réseau électrique ouest-africain est fragmenté en deux réseaux régionaux distincts : l’OMVG et l’interconnexion de 225 kV Guinée Mali. Le projet d’interconnexion entre les centrales hydroélectriques de la Guinée et du Mali prévoit de relier ces deux réseaux. Et ce, en connectant les systèmes électriques de 11 pays par une ligne de transport de 340 km.

Cette dernière reliera les centrales hydroélectriques de Kaléta et Souatipi, d’une puissance totale de 690 MW. Elle comportera également les liaisons financées par la banque d’investissement européenne (EIB) vers le Mali, la Gambie, la Côte d’Ivoire et le Liberia.

À terme, ce projet permettra à des millions de personnes d’avoir accès à une énergie propre et abordable. Et ce, fournissant ainsi une alternative au réseau électrique existant utilisant du fioul, peu fiable et coûteux.

 

Des mesures de protection de l’environnement mises en place

La ligne de transport traverse des forêts sensibles d’un point de vue environnemental. Tout au long des 340 km de la ligne, 40 mètres de couloir de forêts seront supprimés. Et ce, dans le but de protéger les primates contre les risques d’électrocution.

Il est prévu que des femmes issues des communautés locales soient recrutées pour reboiser plus de 3100 hectares de forêt. Une surveillance ornithologique sera également mise en place dans le respect des règles internationales relatives à la protection des oiseaux.

 

L’UE finance à hauteur de 300 millions d’euros

Le système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain permettra de fournir une électricité verte aux villages et à l’ensemble de la région. Et ce, s’alignant à la volonté politique qui souhaite développer une énergie durable en Afrique. Cette volonté est supportée par des financements européens d’une valeur totale de €300 millions.

Dans ce sens, l’EIB a accordé un nouveau prêt de €170 millions pour la ligne de transport Linsan-Fomi. Ce prêt, d’une durée de 25 ans, est le plus élevé jamais accordé par l’EIB en Guinée. À ce prêt s’ajoute une subvention de €30 millions accordée par l’Union Européen au titre du plan d’investissement extérieur.

Ce financement européen vient compléter les financements fournis par le Mali, la Guinée, la Banque Mondiale et la Banque Africaine de développement.

 

Supporter le développement d’énergies renouvelables en Afrique

Dès 2010, la Guinée s’est lancée dans un projet de grands travaux d’infrastructure dans le domaine de l’énergie renouvelable. Notamment avec la construction de plusieurs barrages hydroélectriques d’une puissance totale de 690 MW, soulignant le potentiel hydroélectrique du pays. L’objectif du gouvernement étant d’augmenter le taux d’électrification du pays à plus de 80% d’ici à 2025.

L’objectif d’augmenter la production d’énergie renouvelable est l’une des raisons pour laquelle l’UE s’est allié au projet. Josep Coll, ambassadeur de l’UE en Guinée a réitéré son engagement d’appuyer l’action climatique et l’accès à l’électricité en Afrique de l’Ouest

Ces dix dernières années, l’EIB a alloué plus de €5,2 milliards aux investissements dans le secteur de l’énergie en Afrique. En 2020, elle a accordé €4,7 milliards pour de nouveaux investissements en Afrique. Et ce, soulignant la volonté européenne de développer le secteur énergétique africain, notamment dans les énergies renouvelables.