Parc Éolien Flottant: un Nouveau Projet en Méditerranée en 2020

par | 4 Sep 2020 | Énergie Éolienne

Un parc éolien flottant est en cours de développement dans le détroit de Sicile. C’est la société 7seas Med basée en Italie qui est maitre d’ouvrage…

Parc éolien flottant

Un parc éolien flottant est en cours de développement dans le détroit de Sicile. C’est la société 7seas Med basée en Italie qui est maitre d’ouvrage de cet ambitieux projet.


 

Un Parc éolien flottant de 25 éoliennes flottantes de 10MW

Ce parc éolien flottant de 250 MW est une première en méditerranée. Face aux 300 mètres de profondeur, les ingénieurs ont décidé d’utiliser la technologie Tetraspar. Les turbines de ces éoliennes flottantes seront donc montées sur des fondations flottantes semi-submersibles.

 

7seas Med et son expertise en énergie éolienne

Selon les documents de planification déposés au ministère italien des infrastructures et des transports, l’entreprise prévoit aussi d’installer une sous-station flottante. Celle-ci sera située à 37 kilomètres au large de Marsala et reliera son port grâce à un câble d’exportation de 41 kilomètres. La société prévoit aussi de réquisitionner les ports siciliens de Palerme et d’Augusta comme bases de construction pour le projet. Le port de Marsala sera, lui, transformé en base d’exploitation et de maintenance à long terme. Cette démarche sera à l’origine de nombreux emplois et d’une grande production énergétique.

 

La sécurité de ces éoliennes flottantes offshore en discussion

Le PDG de 7 seas Med Srl Pepe Carnevale a cependant déclaré pour le média Renewables Now que le projet n’en était qu’à ses débuts. Il manque, notamment, un certain nombre d’étapes de sécurité dont une évaluation de l’impact environnemental engendré par la mise en place d’une telle structure. Les conséquences sur la biodiversité marine ne sont, à l’heure actuelle, pas encore bien documentées.

 

Un projet soutenu par un conglomérat d’entreprise Danoise.

Le projet d’une valeur de 741 millions d’euros est soutenu par deux entreprises danoises ; Copenhagen Offshore Partners (COP) et Copenhagen Infrastructure Partners. Cependant, le PDG de 7 seas Med Srl n’était pas libre de partager l’implication exacte de ces entreprises danoises dans le projet selon Renewables Now. Ces dernières participent à d’autres programmes d’éolien off-shore, considéré comme un pivot de la transition écologique par l’agence internationale de l’Énergie. Ces sociétés sont notamment implantées aux États-Unis avec le projet Vineyars Wind ou en Allemagne avec Veja Mate.

 

Vers une démocratisation des parcs éoliens flottant

Le montant de ce projet est dû à une différence de coût entre les éoliennes. Celles posées sont moins cher mais ne dépassent pas les 50 mètres de profondeur contrairement à celles flottantes. A terme cet écart est voué à se réduire, démocratisant ainsi l’éolien off-shore.

Un dispositif éolien novateur

Le concept des turbines flottantes repose aussi sur la technologie danoise ; Tetraspar, développée par Henrik Stiesdal, père de l’éolienne depuis 1978. Le développement de cette méthode est important pour l’avenir énergétique selon l’European Wind Energy association. En effet, jusqu’à 80% des ressources éoliennes européennes se trouvent dans des zones à plus de 60 mètres de profondeur. Le rendement des parcs est aussi plus grand en haute mer. Les entreprises d’énergies danoises sont donc au cœur de ce nouveau projet qui s’implante en mer méditerranée.

L’énergie renouvelable reste au cœur des débats en Italie

Selon le quotidien italien II Sole 24 Ore, le chef de projet Luigi Severini pourrait débuter les travaux en 2023. Cependant, la compagnie 7 Seas Med n’a toujours pas obtenu de réponse de l’Etat italien concernant sa demande de concession pour 30 ans. En effet, avant la pandémie du coronavirus, la société avait demandé un permis de construction sur 131 mètres carrés de zone maritime d’État dans la partie nord-ouest du canal Sicilien. Cette superficie représente au total 1,26 million de mètres carrés de surface d’eau pour une valeur de 84,4 millions d’euros hors taxe sur la valeur ajoutée (TVA), sur la période de 30 ans, selon le PDG Pepe Carnevale.

Des antécédents qui prêtent à confusion

Or le conseil sicilien en 2019 a déjà rejeté une demande de construction de trente-huit éoliennes dans le golfe de Gela en Sicile, en face de la ville de Butera. Le motif principal de cette décision était la visibilité du parc éolien depuis la côte selon le journal Econostrum. Ce n’est pas le cas de ce nouveau projet qui sera tourné vers la Tunisie pour garantir aux terres siciliennes un horizon sans pollution visuelle, ni sonore.

 

L’attente d’une réponse de l’État italien

L’avenir de ce projet est donc,  dorénavant, entre les mains de l’État italien, comme l’a souligné le chef de projet Luigi Severini lors d’une conférence de presse ; « Nous naviguons maintenant dans la mer agitée de la bureaucratie italienne ».

L’Italie et le Danemark ne sont, cependant, pas les seuls à se tourner vers cette énergie renouvelable. La France a déjà fait deux appels d’offres en 2020 pour construire des parcs éoliens en mer de 250 MW chacun en Méditerranée dans les régions Occitanie et Sud-Paca.