Implantation Éolienne: Débat entre le Sénat et l’Exécutif

par | 22 Juin 2021 | Énergie Éolienne, Politique Énergétique

Les implantations éoliennes sont aux cœurs des débats au sein de la classe politique alors que le Sénat vote un nouveau principe. Celui d’un droit de véto pour les maires concernant l’installation de ces structures sur leur commune. Ce, contre l’avis de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili.


 

Implantation éolienne : le Sénat consacre le droit de véto des maires

Dès la première lecture du projet de loi climat et résilience, les sénateurs ont adopté un amendement. Celui-ci exigeant une délibération du conseil municipal sur les projets d’implantation et prévoyant la possibilité d’un référendum local. Selon une élue Les Républicains (LR), l’amendement « répond à une demande forte des élus locaux, démunis face à l’implantation de parcs éoliens ».

 

« Obtenir l’acceptabilité des populations »

De même, vendredi 18 juin 2021, le Sénat a voté une mesure similaire concernant les implantations éoliennes offshore. Selon la présidente de la commission des Affaires économiques, Sophie Primas, il s’agit « localement de permettre d’obtenir l’acceptabilité des populations ». Cette mesure prévoyait « l’accord préalable des collectivités territoriales » aux projets d’implantations éoliennes en mer.

 

Barbara Pompili craint le « Not in my backyard »

En parallèle, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a rappelé que « seuls 20% du territoire français peut recevoir des éoliennes ». Le gouvernement fait face à une population qui veut « de l’électricité, mais pas les éoliennes qui la produisent ». La ministre explique que « la consécration d’un droit de veto pourrait créer un phénomène de « Not in my backyard ».

Barbara Pompili a aussi évoqué la pression mise sur les maires qui pourraient être « pris en otage par certaines associations ». Elle conseille de faire une « cartographie des zones où on peut faire de l’éolien », une idée proposée par plusieurs élus. Selon elle, il faudrait ensuite « mettre tout le monde autour de la table pour voir où on peut les mettre ».

 

Les riverains et les « urbains » divisés sur le sujet

Dans les Haut-de-France, une dizaine d’associations de riverains demandent la fin de cette « invasion » des éoliennes. Celles-ci expliquent :

« Nous avons besoin de lois ou d’une réglementation en urgence afin de protéger nos foyers et notre environnement ».

Selon le bilan de la Préfecture, au 1er octobre 2019, il y avait 2.532 mâts autorisés dans la région. Selon un proche de l’exécutif, deux France s’opposent au sujet des implantations éoliennes :

« Les urbains et écolos qui considèrent que c’est une marque de modernité. Et ceux qui n’en veulent pas près de leur jardin ».

La campagne pour les élections régionales a notamment été marquée par ce débat environnemental.