GNL: Pilier de la Décarbonation à Moyen-Terme

par | 9 Août 2021 | Énergies Fossiles, Gaz Naturel

Le GNL et ses infrastructures pourraient être un atout décisif pour la décarbonation de nos sociétés selon la dernière étude de l'IHS Markit.

GNL

Le GNL pourrait devenir un élément essentiel dans la transition écologique. La polyvalence des infrastructures gazières pourrait être un atout décisif pour la décarbonation de nos sociétés. C’est en effet le résultat d’une étude menée par l’IHS Markit, leader mondial en matière d’informations, d’analyses et de solutions critiques pour les principales industries.


 

Le GNL cumule de multiples avantages

Le rapport publié par IHS Markit tend à mettre en avant la polyvalence inhérente à l’infrastructure gazière. Il insiste particulièrement sur la capacité future de ces infrastructures à être convertis afin de transférer des carburants à faible teneur en carbone.

Ainsi, les installations traitant le GNL font office de “pré-construction” des infrastructures nécessaires pour atteindre les objectifs mondiaux de décarbonisation. L’étude, intitulé “A Sustainable Flame : The Role of Gas in Net Zero”, met également en avant le potentiel économique du GNL.

Ce rapport est le résultat d’un effort de recherche de six mois entrepris par le groupe climat et durabilité d’IHS Markit. L’étude explore le rôle, la contribution et les limites du gaz pour faire avancer la décarbonisation, tant au niveau local que mondiale.

 

Remplacer le charbon dans la production d’électricité

Des atouts, le GNL en à revendre. Il peut être utilisé dans divers secteurs afin de réduire les émissions de carbone. Dans la production d’électricité, il peut se substituer au charbon afin de limiter l’impact écologique de ce dernier.

Les experts estiment que le remplacement de centrales électriques fonctionnant au charbon par celles fonctionnant au GNL peut réduire les émissions de carbone d’environ 50% par unité. Il émet également moins d’oxyde de soufre et d’azote.
En Asie, cela peut permettre de réduire les émissions net d’environ 1 Gigatonne, soit 3% des émissions de GES du continent.

Pour répondre à ces potentielles nouvelles demandes, la production mondiale doit augmenter de 15%. Actuellement, la Russie est l’un poids lourd du secteur. À elle seule, elle représente 20% de la production mondiale. Derrière elle se trouvent les États-Unis, qui détiennent entre 15 et 18% du total de la production de gaz naturel liquéfié. Enfin, Le Canada complète le podium, la majeure partie étant destiné à l’exportation vers son voisin américain.

 

Recycler les infrastructures

Mais l’avantage principale que met en avant ce rapport, c’est la “pré construction” des infrastructures. En effet, les infrastructures actuelles utilisées dans le transport du GNL peuvent être utilisées dans le futur afin de transporter des gaz à faible teneur en carbone. Ces gaz sont multiples : ammoniac, hydrogène ou encore méthane synthétique.

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Démocratiser l’usage du GNL à la place du charbon ou du pétrole pourrait donc permettre de préparer le terrain aux gaz “propres”, grâce aux infrastructures déjà en place. Les centrales électriques fonctionnant aux charbons peuvent être d’ors et déjà remplacer par des centrales fonctionnant au gaz.

 

De l’hydrogène dans les gazoducs

Ainsi, lorsque l’usage de ces nouveaux gaz vert sera développé et maîtrisé, les anciennes infrastructures pourraient être recyclées et non détruites. L’hydrogène vert ou l’ammoniac durable peuvent être employés de la même façon que le GNL dans ses centrales

La même logique est applicable aux pipelines, à la fois dans le transport et la distribution. Dans un futur proche, ils pourront être utilisés afin de mélanger, transporter et distribuer les gaz verts. Dans plus longtemps, il peut être utilisé pour les mêmes fonctions, mais cette fois-ci pour l’hydrogène pur.

D’une manière générale, la grande majorité des infrastructures utilisées pour les gaz naturel liquéfié peuvent être réemployées. Les complexes de stockage peuvent, eux aussi, être employés pour le stockage de gaz vert.

 

Un avantage financier non négligeable

L’emploi du GNL peut également avoir des avantages économiques considérables. Même si les coûts varient, l’étude révèle que ces applications de gaz à faible teneur en carbone pourraient être viables avec un prix du carbone compris entre 40 et 60 dollars par tonne.

Mais la majorité des économies se trouve dans la réutilisation des infrastructures déjà existantes. Prenons les usines de liquéfaction de gaz par exemple : le coût de conversation en une usine liquéfaction de l’hydrogène est grandement inférieur au coût de construction d’une nouvelle usine de liquéfaction. Il en va de même pour les centrales ou les pipelines.

Cette habilité de conversion des infrastructures représente donc un élément essentiel pour la promotion de l’usage du GNL dans la production d’énergie. Son avantage direct est qu’il émet moins de gaz à effet de serre que le pétrole et le charbon. Son avantage indirect est que les nombreuses infrastructures de GNL aujourd’hui pourront être réutilisées pour les gaz plus “propre”. Pipelines, usines de liquéfaction ou encore citernes de stockage pourront être ré-employé, réduisant un peu plus leur impact environnemental.