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Émissions de Carbone et Contraintes du Marché

Émissions de Carbone et Contraintes du Marché

  • Les émissions de carbone et les technologies de réduction sont en plein développement. Mais toutes ne sont pas viables économiquement.
émissions de carbone

Les émissions de carbone et les technologies de réduction sont en plein développement. Mais toutes ne sont pas viables économiquement. Une analyse techno-économique est donc indispensable selon Hanna Breunig, chercheuse au Berkeley Lab.


 

Émissions de carbone : comment adapter des technologies aux contraintes du marché ?

Même pour les émissions de carbone, l’analyse techno-économique des techniques utilisées révèle des contraintes et des opportunités importantes. Ce type d’analyse est ainsi présenté par Hanna Breunig, spécialiste du sujet à Berkeley Lab, comme l’intégration des techniques d’analyse de marché au procédé d’innovation. L’objectif est donc de réduire les coûts des technologies à émissions de carbone négatives afin de favoriser leur compétitivité.

 

L’exemple des installations de capture de l’air DAC

Hanna Breunig prend l’exemple des DAC (direct air capture), des technologies qui captent directement le dioxyde de carbone dans l’air. Dans ce cas, l’analyse techno-économique a même piloté le procédé de recherche & développement. Ces analyses révèlent souvent des dilemmes.

D’un côté un important investissement de capital, et de l’autre des coûts de fonctionnement élevés. Pour les DAC, le dilemme est de savoir si on capture en un cycle beaucoup de dioxyde de carbone, ou des quantités plus faibles dans des cycles plus nombreux et rapprochés.

 

L’introduction de facteurs extérieurs dans la stratégie de développement

À ces questions directement scientifiques viennent se greffer des problèmes logistiques. Si on capte d’un coup des tonnes de dioxyde de carbone, il faut pouvoir les stocker. Si on décide de ne pas les stocker, il faut envisager le reste du cycle de vie.

Une autre problématique soulevée dans cette analyse est celle des coûts externes. Le prix de l’énergie dans un pays donné comparé à un autre peut totalement bouleverser l’utilisation ou non d’une technologie. La source de cette énergie est importante aussi, puisqu’une énergie polluante utilisée pour capter du dioxyde de carbone demande de capter encore plus. Augmentant du même coup les coûts.

 

Un travail à toutes les étapes de la recherche & développement

L’analyse techno-économique n’intervient pas qu’au moment de la commercialisation des technologies.

L’échelle de Readiness Technology Level (RTL), de 1 à 10, mesure l’avancement d’un projet. Or, les techniques d’analyse décrites par Hanna Breunig interviennent à chaque étape et viennent donc guider le développement. Cela permet de guider les investissements et d’aboutir à un projet cohérent et le plus compétitif possible.

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Des approches individualisées

Toutes ces variables impliquent donc de travailler chaque projet individuellement avec une approche renouvelée. D’autant plus que ces projets utilisent souvent plusieurs technologies différentes. Bien qu’elles aient souvent un certain avancement, les coupler est souvent un procédé inédit qui demande donc à nouveau une analyse.

Cette approche est parfois même complètement hypothétique, en changeant des facteurs centraux au projet, pour pouvoir faire des arbitrages. Par exemple, le changement d’un matériau peut affecter les prix, mais aussi les consommations et donc la compétitivité.

 

Au final, la compétitivité comme facteur de la transition énergétique ?

L’adoption des énergies renouvelables non-polluantes et des technologies d’émission négative dépend donc en grande partie de la compétitivité. Le coût est donc un facteur clé, comparé au coût des énergies fossiles. Cette compétitivité passe donc par toutes ces techniques d’analyse, qui sont elles-mêmes dépendantes des caractères des marchés. Ces caractères eux-mêmes fortement influencés par les décisions politiques.

De ce fait, l’analyse agit comme une interface entre le projet et les circonstances extérieures sujettes à des évolutions. Intégrer l’impact sur la société à la recherche scientifique permet de réduire le risque d’inadéquation entre un projet et des besoins. C’est pourquoi les projets incorporent de plus en plus d’analyse techno-économique.

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