Électricité en France: RTE dégage 6 Scénarios pour l’Avenir

par | 8 Juin 2021 | Politique Énergétique

L’entreprise française RTE a publié ce mardi 8 juin le résultat de son étude sur le futur de l’électricité en France, dégageant six scénarios pour l’avenir. Début avril, la société présentait déjà son rapport sur les perspectives du système électrique en 2030.


 

RTE publie son étude sur l’avenir de l’électricité en France

C’est ce mardi 8 juin que la société française RTE a publié son étude sur le futur système électrique national. Elle résulte d’un travail de recherche de deux ans, au cours duquel l’entreprise a organisé plusieurs consultations publiques. Il en ressort six scénarios plus ou moins optimistes sur l’avenir du mix électrique de la France.

Tous les scénarios sont imaginés pour l’horizon 2050, date à laquelle le pays doit avoir atteint la neutralité carbone. L’étude doit encore être approfondie, mais elle se base sur deux types d’énergies dominants : le nucléaire et le renouvelable (EnR). Tout l’enjeu réside donc dans la faisabilité technique de ces scénarios, et leur impact économique, social et environnemental.

 

Objectif : 50% d’énergie renouvelable au minimum

Au départ de l’étude, RTE a présenté huit scénarios possibles, mais en a depuis écarté deux d’entre eux (N1 et N2). Il reste donc six plans principaux pour l’électricité en France, avec une caractéristique principale : le développement des EnR. Chaque scénario présente ainsi au minimum 50% d’électricité provenant de sources d’énergies renouvelables.

L’entreprise retient donc deux scénarios dits « EnR + Nucléaire », N3 et N0, qui misent sur un mix à 50/50. Les quatre restants se veulent plus optimistes et présentent un objectif plus global : 100% d’EnR d’ici 2050-2060. Ceux-ci dépendront du moment et de la manière dont la France s’émancipera définitivement de l’énergie nucléaire.

Le scénario M0, le plus optimiste, présente déjà les 100% de renouvelable comme acquis pour 2050. Les trois autres, M1, M2 et M3, possèdent davantage une composition « 85% EnR et 15% nucléaire », avec une transition progressive.

 

Le développement du renouvelable : une question mondiale

En attendant de savoir quel plan est le plus probable, tous s’accordent au moins sur un point que souligne la direction de RTE : « Tous les scénarios supposent un effort substantiel du pays sur toutes les technologies d’EnR, sans exception ». Le développement de l’énergie renouvelable est ainsi un des éléments clés de la transition énergétique française, mais aussi mondiale.

Ainsi, l’avenir de l’électricité en France pourrait ne pas uniquement dépendre de la tendance nationale. RTE a donc pris en compte plusieurs variables pouvant influer sur les scénarios : développement accru de l’hydrogène, relocalisation de l’industrie française, trajectoire du réchauffement climatique ou encore les différentes évolutions du système énergétique européen.

Une fois ces éléments inclus, RTE a publié un rapport avec l’Agence Internationale de l’Énergie (IEA) le 27 janvier dernier. Il portait sur la faisabilité technique des systèmes à haute proportion en énergie renouvelable et ouvrait la consultation publique. Tout cela doit mener à un bilan prévisionnel à long terme, « futurs énergétiques 2050 », pour la fin d’année 2021.

 

Étudier les impacts socio-économiques pour approfondir le rapport

Mais avant d’arriver à ce rapport qui conclura l’étude démarrée en 2019, RTE devra aussi étudier les aspects extérieurs. L’entreprise a établi une grille d’analyse des scénarios à travers quatre dimensions : technique, économique, environnementale et sociale. Si le premier aspect a bien été traité, il convient encore de travailler sur les autres caractéristiques.

Ainsi, le dernier rapport étudiera les coûts pour la collectivité, l’empreinte carbone et le volume de déchets ou encore les implications sur les modes de vie. Enfin, RTE a mesuré la consommation électrique des scénarios, chiffrés à environ 645 térawattheures (TWh) par an. À titre de comparaison, la consommation actuelle en France est de 460 TWh en 2020.

Quoi qu’il en soit, pour l’électricité en France, une chose est sûre : les EnR seront dominantes dans un futur proche.