Bourse: Air Liquide cherche à rajeunir son actionnariat

par | 18 Nov 2021 | Stratégie entreprise

Air Liquide cherche à rajeunir son actionnariat individuel et voudrait le développer au-delà des 33% du capital aujourd'hui aux mains de ces investisseurs particuliers.

Le groupe de gaz industriels Air Liquide côté au CAC40, qui se décrit comme une start-up centenaire, cherche à rajeunir son actionnariat individuel et voudrait le développer au-delà des 33% du capital aujourd’hui aux mains de ces investisseurs particuliers.


“Nous tenons à ce que l’actionnariat se renouvelle”, car “si nous ne faisons rien, la population d’actionnaires individuels va diminuer avec le temps”, a dit à l’AFP le directeur du service actionnaires du groupe, Patrick Renard, au cours d’un entretien téléphonique. Leur âge moyen s’élevait à 59 ans en 2020.

Le groupe se dit “très attaché à maintenir, voire augmenter” la part des investisseurs particuliers dans le capital “pour des raisons stratégiques”.

Selon une étude d’Air Liquide sur le rapport entre les jeunes et l’actionnariat, 38 % des Français de 25 à 40 ans ne détenant pas d’actions souhaitent investir en Bourse dans les années à venir. Par ailleurs, “seuls 14% des jeunes français déclarent détenir des actions d’une ou plusieurs entreprises”.

Air Liquide, introduit en Bourse en 1913, est né “comme une start-up” en 1902, avec de l’argent venu d’une poignée de 24 investisseurs privés (proches, familles).

Ceux-ci ont soutenu pendant cinq ans, sans dividende, les inventeurs qui avaient trouvé le moyen de liquéfier et de distiller l’air “dans un garage de Boulogne-Billancourt”.

“A l’époque, les banques n’avaient pas voulu les suivre”, dit-il. Et aujourd’hui, “les banques ne font presque plus la promotion des actions auprès du public, elles proposent essentiellement des produits structurés”, regrette-t-il.

Du coup, les investisseurs particuliers ne connaissent plus les entreprises auxquelles ils confient leurs économies. Le groupe aimerait renouer avec la tradition.

Pour cela, Air Liquide a lancé l’été dernier sa première campagne marketing direct sur les réseaux sociaux “pour trouver des jeunes intéressés pour devenir actionnaires” en s’inspirant des méthodes des banques en ligne: “On peut ouvrir un compte titre en trois clics” sur le site du groupe, dit M. Renard.

“Nos actionnaires nous disent qu’ils souhaitent que leur portefeuille s’accroisse régulièrement sur le temps long, ce qui nous convient bien, car nous avons besoin de notre côté de stabilité pour financer de lourds projets d’investissement dans la durée”, ajoute M. Renard, en soulignant que “le début de la production d’hydrogène”, spécialité du groupe en fort développement, avait commencé “dès les années 60 pour la fusée Ariane”.