La Blockchain Règlerait le Réchauffement Climatique?

par | 3 Juin 2020 | Politique Énergétique

La blockchain pourrait être la clé d’un suivi efficace des émissions de carbone tout au long de la chaine d’approvisionnement. Cette solution pourrait s’avérer utile…

La blockchain pourrait être la clé d’un suivi efficace des émissions de carbone tout au long de la chaine d’approvisionnement. Cette solution pourrait s’avérer utile dans un contexte de réchauffement climatique. Les systèmes énergétiques visent actuellement la décarbonisation. La promotion de la transparence sera la clé pour garantir que les entités de la supply chain mondiale respectent les nouvelles normes en matière d’émissions. Ainsi, la supply chain pourrait avoir son rôle à jouer.


 

Comment mesurer l’impact environnemental d’un produit ?

Prendre en compte toutes les étapes de la vie du produit

On a beaucoup débattu sur la manière d’évaluer si un produit est vraiment durable. Mais suffit-il d’examiner les émissions de l’entreprise qui le vend au client final ?

Nous devons d’abord évaluer l’impact d’un produit à tous les stades de son cycle de vie. De l’extraction des matières premières jusqu’à l’élimination ou au processus de recyclage.

On appelle ce processus de mesure l’analyse du cycle de vie (ACV). C’est le calcul et l’évaluation des différents impacts qu’un produit ou un projet peut avoir sur les aspects environnementaux, sociaux et économiques.

Mais finalement, qu’est-ce qu’un produit si ce n’est le résultat de toutes ses étapes de production ?

Blockchain energie
Tracer numériquement les émissions de carbone tout au long de la chaîne peut aider l’industrie de l’énergie à suivre son empreinte en matière d’émissions

La blockchain “décomplexifie” le traçage d’un produit

Le problème est que tracer toutes ces étapes de production est difficile dans un monde globalisé. En effet, elles sont généralement dispersées géographiquement , réalisées par plusieurs acteurs ou entités différentes, souvent dans plusieurs installations, et  utilise plusieurs technologies différentes.

La mondialisation a considérablement accru la complexité des chaines d’approvisionnement. Cette complexité pose plusieurs défis en termes de contrôle et de suivi de ces impacts à chaque étape du cycle de vie. Le fait que les entreprises ont souvent une vision restreinte de leurs limites en est aussi un facteur.

 

Les émissions de scope 3 sont difficiles à mesurer, mais doivent être prises en compte

Les différents “scopes” d’émissions

Dans le cadre du réchauffement climatique, analyser la classification des émissions carbone est pertinent. Ces émissions carbone peuvent être évaluées dans trois catégories, dites scopes :

Les émissions carbone de scope 1 sont le résultat direct des sources détenues ou contrôlées par l’entreprise. Celles de scope 2 représentent les émissions carbone indirectement générées par l’énergie achetée et consommée pendant la production. Enfin, les émissions de scope 3 sont les émissions indirectes tout au de la chaîne de valeur d’un produit ou d’une entreprise. Les émissions carbone de scope 3 comprennent également l’utilisation d’un produit par le consommateur final.

Pour en savoir encore plus sur les scopes et comment sont classifiées les émissions carbone, vous pouvez lire notre article sur le sujet.

L’importance de mesurer les émissions de scope 3

Les émissions de scope 3 constituent la mesure la plus complète de l’impact. En effet, ces dernières peuvent représenter près de 75% de l’empreinte totale des émissions d’un produit. Mais, elles sont également les plus difficiles à calculer.

Les émissions de la supply chain exige un niveau élevé d’intégration et de coordination entre ses multiples réseaux.

Différentes entités doivent partager les données nécessaires à la certification de la durabilité des produits et à la garantie de leur traçabilité. Cette étape est donc essentielle. Tout ce qui peut être quantifié n’est donc plus un risque, mais devient un problème de gestion.

blockchain énergie

 

La traçabilité et la transparence des données sont essentielles pour surveiller les émissions

Le partage des données peut avoir deux objectifs principaux : la transparence et la traçabilité. On confond souvent ces termes, mais ils impliquent des objectifs différents.

Améliorer la transparence pour connaître les acteurs

La transparence vise à recueillir des informations de haut niveau sur les chaînes d’approvisionnement. Pour cela, on a recours à une cartographie du réseau de la chaîne de valeur en termes de noms de fournisseurs, de localisation des installations, d’attributs des produits et de certification.

Le principal objectif de l’amélioration de la transparence est de rendre plus clair les chemins qu’un produit suit tout au long des chaînes d’approvisionnement. Ainsi, recueillir des informations sur les acteurs impliqués à chaque étape devient possible.

Une meilleure traçabilité pour une meilleure mesure des impacts

La traçabilité exige au contraire un degré plus élevé de granularité des informations partagées. Ces informations peuvent être par exemple les dates et lieux d’achat des composants des produits, les propriétés spécifiques des articles ou des informations plus opérationnelles.

Une traçabilité accrue permet une mesure plus précise des impacts à chaque étape de la supply chain. Elle permet d’élaborer des stratégies fondées sur des données ainsi que de vérifier les allégations de durabilité.

 

La Blockchain peut certifier numériquement l’empreinte des émissions carbone

Comment suivre l’émission de carbone avec la blockchain

Le grand registre distribué de la blockchain peut enregistrer en temps réel les données de consommation de différentes entités en différents endroits. Ensuite, on peut calculer l’intensité en carbone de cette consommation.

On peut enfin attribuer automatiquement un certificat fourni avec l’énergie transférée. Ce certificat prouve où et quand l’énergie a été produite.

La blockchain permet de certifier les émissions d’énergie

La blockchain peut améliorer le système énergétique en assurant la confiance, la traçabilité et l’auditabilité. Un processus numérique appelé “tokenisation de l’électricité” rend cela possible. A travers ce processus, les unités d’électricité deviennent des biens ou actifs numériques. Cela permet la génération automatique de certificats (horodatage). Les transfert et un suivi de la propriété (basés sur des preuves cryptographiques) sont également possibles.

Ce procédé garantit également que les certificats ne sont vendus qu’une seule fois et qu’il n’y a pas de double comptage. Les auditeurs peuvent retracer l’électricité consommée dans la chaîne d’approvisionnement jusqu’à n’importe quelle étape de son cycle de vie.

C’est le seul véritable moyen de ralentir le réchauffement climatique tout au long approvisionnement et d’être totalement écologique à chaque instant.