Analyse Énergies Renouvelables: le Rapport pour la France

par | 15 Fév 2021 | Politique Énergétique

  Une analyse énergies renouvelables de leur capacité à intégrer le mix énergétique français vient d’être publiée fin janvier 2021. Cette étude Conditions et prérequis en…
Analyse énergies renouvelables

 

Une analyse énergies renouvelables de leur capacité à intégrer le mix énergétique français vient d’être publiée fin janvier 2021. Cette étude Conditions et prérequis en matière de faisabilité technique pour un système électrique avec une forte proportion d’énergies renouvelables à l’horizon 2050 fait suite à une commande du ministère de la Transition écologique français à l’IEA et RTE. Elle révèle ainsi quatre enjeux essentiels pour une transition énergétique réussie en France.


L’objectif, à terme, est d’analyser la faisabilité des objectifs que s’est fixée la France pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

 

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L’analyse énergies renouvelables et les enjeux pour le mix français

 

Selon le rapport, l’analyse des énergies renouvelables (EnR) et de leur capacité d’intégration du mix électrique français est conditionnée à la réponse à quatre enjeux techniques. Ce, dans l’objectif d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

 

Assurer la stabilité du réseau électrique

Tout d’abord, la France sait que, pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, les EnR et énergies décarbonées telles que le nucléaire devront prendre une place substantielle dans son mix énergétique.

La France devra d’abord développer des technologies permettant d’assurer la stabilité de son réseau électrique. L’étude révèle qu’il y a un consensus scientifique sur la stabilité théorique d’un système électrique sans moyen de production conventionnel.

Or les technologies nécessaires ne sont pas encore commercialisées. L’analyse encourage donc à investir dans la R&D ainsi qu’à passer au stade de la démonstration de projets pilotes à grande échelle.

 

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Développer une consommation énergétique flexible

Egalement, les EnR ont une forte variabilité de rendement. Cela peut entraîner des inadéquations entre l’électricité disponible et la demande. L’analyse développe des hypothèses de stockage du surplus ponctuel de production sous forme d’hydrogène grâce à l’électrolyse de l’eau. Ces surplus stockés combleraient en partie les baisses passagères de production des EnR.

Le pilotage de la demande, le stockage à grande échelle et l’interconnexion transfrontalière sont également analysés comme des flexibilités permettant de répondre à la variabilité de la production. Les futurs projets EnR devront tenir compte de la maturité, de la disponibilité et du coût de ces flexibilités.

 

Maintenir des réserves opérationnelles

L’étude révèle aussi que le dimensionnement des réserves opérationnelles devra néanmoins être réévalué d’ici 2030. Ces réserves électriques devront protéger le réseau de la variabilité de la production des EnR. Les méthodes de prévision doivent également être améliorées.

L’analyse appelle un nouveau cadre réglementaire définissant un meilleur équilibrage de la consommation énergétique. Il devrait établir les exigences s’appliquant au parc de production afin de garantir que le système électrique dispose d’une capacité de réserve suffisante.

 

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Développer un réseau de transport et de distribution efficace

Enfin, le rapport préconise des efforts conséquents consacrés au développement des réseaux d’électricité, tant au niveau du transport que de la distribution. Ceux-ci nécessiteront un fort engagement public en matière de planification à long terme et d’évaluation des coûts.

La concertation citoyenne devra favoriser l’acceptation des nouvelles infrastructures. Les améliorations du réseau pourront aussi être partiellement intégrés au renouvellement des actifs de réseau vieillissants.

 

La France dispose de ressources prometteuses

 

« Il y a une énorme marge d’amélioration »

En somme, comme le Xavier Piechaczyk, Président de RTE :

« Pour évoluer vers un mix à fortes parts d’énergies renouvelables variables, il faut se pencher sur les facteurs scientifiques, techniques et industriels. »

A cela, Fatih Birol, Directeur exécutif de l’IEA ajoute que :

« La part combinée du solaire et de l’éolien représente aujourd’hui environ 10% du mix électrique [français]. Il y a une énorme marge d’amélioration. »

 

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Une analyse à poursuivre

D’autres études socioéconomiques sont prévues, en s’appuyant sur les conclusions de cette analyse. RTE publiera en fin d’année une évaluation complète des différents scénarios électriques permettant d’atteindre la neutralité carbone.